Nous n’en sommes qu’à la mi-temps
Édito des bulletins L'Étincelle du 1er novembre 2010
Deux millions de manifestants ont à nouveau défilé jeudi dernier contre la réforme des retraites et face aux attaques générales contre le monde du travail. Si, après plus d’un mois et demi et en période de vacances scolaires, les cortèges étaient moins gros que les 12 et 19 octobre, ils ne ressemblaient en rien à un baroud d’honneur. L’heure était au dynamisme militant et à la combativité.
Loi ou pas, à bas la réforme scélérate !
Le recul de l’âge légal de départ en retraite – dans les faits une baisse généralisée des pensions – reste inacceptable. Que la loi ait été votée au parlement n’y change rien. Comme cela ne change rien à la possibilité de faire reculer Sarkozy et son gouvernement. En 2006, la loi sur le Contrat Première Embauche avait été votée, mais Villepin avait dû reculer. Ce qui reste à l’ordre du jour c’est d’imposer, dans la rue et dans la grève, le retrait de cette réforme, mais aussi le retour à la retraite à 60 ans après 37,5 ans de cotisation pour tous. Et d’imposer en même temps l’ensemble des revendications vitales pour le monde du travail comme l’interdiction des licenciements, des suppressions d’emplois et de la précarité, avec une augmentation générale de tous les salaires d’au moins 300€ par mois. Ce qui, entre autres, rendrait nos caisses de retraites largement bénéficiaires.
Des liens essentiels se sont tissés entre les entreprises et les secteurs
Ce n’est pas du tout la résignation chez ceux qui se sont le plus mobilisés comme les cheminots, les travailleurs des raffineries et des ports, mais aussi par exemple ceux de collectivités territoriales comme les éboueurs de Marseille et d’ailleurs. Sans doute était-il difficile de poursuivre une grève reconductible après plus de trois semaines, en attendant que les autres secteurs les rejoignent. Mais l’enjeu était que la grève se généralise, et il faudra bien y parvenir dans les prochaines manches du bras de fer avec le gouvernement et le patronat.
En tout cas, la détermination est toujours là. Ces dernières semaines, s’est souvent manifestée la volonté de tisser les liens entre les travailleurs des différentes entreprises : par des actions locales en tous genres, comme des débrayages répétés de Marseille au Havre, de Rouen à Toulouse, de Lyon à la région parisienne… un peu partout en fait pour se rassembler, s’adresser à d’autres, ou participer à des Assemblées Générales interprofessionnelles ou de cheminots. Dans toutes les villes et localités, grandes et petites, on a assisté à des actions collectives réunissant raffineurs, cheminots, enseignants, postiers, territoriaux, salariés du privé… C’est ainsi qu’a commencé à se constituer, au-delà de chaque entreprise, un milieu militant en commun pour une grève qui s’étendrait et se généraliserait. De telles initiatives doivent se poursuivre et permettre de renforcer ces liens précieux pour le mouvement actuel et pour l’avenir.
Et ceci, sans attendre l’échéance électorale illusoire de 2012. C’est dès maintenant, alors que nous avons commencé par riposter massivement contre le gouvernement, et que la population nous soutient, qu’il faut pousser l’avantage. Nos adversaires de classe espèrent le reflux, préparons-leur le raz-de-marée social !
Tous dans la rue samedi 6 novembre, pour préparer la suite !
Les confédérations syndicales appellent à une nouvelle journée nationale de manifestation samedi 6 novembre. Nous devons y être. Comme nous devons nous joindre à toutes les initiatives qui seraient prises d’ici là ou après, par exemple par les jeunes de retour de vacances. On l’a vu, pour gagner il ne suffit pas de quelques secteurs en pointe dans la grève, ni de journées d’action interprofessionnelles très réussies. Alors saisissons-nous de toutes ces initiatives, non seulement pour montrer que notre détermination est intacte, mais pour affirmer qu’il faut un mouvement d’ensemble, une grève générale, et, par les liens tissés à ces occasions, contribuer sans attendre à la construire en se donnant les moyens de la diriger nous-mêmes.