En France : l’État voyou

Publié le par Étincelle Poste

On a donc droit à un mauvais épisode d’OSS 117.

L’affaire Karachi s’est emballée ce week-end et vire au règlement de compte politique franco-français.

Rappelons les faits. La France, un des principaux vendeurs d’armes dans le monde, avait décroché un énorme contrat de vente de sous-marins au Pakistan dans les années 1990. En 1994, alors que tout est bouclé, 33 millions d’euros de commissions transitent par une société-écran luxembourgeoise tout juste créée, dénommé HEINE. Ces commissions sont destinées à des « intermédiaires » imposés à la dernière minute par le gouvernement Balladur, et exhalent un fort parfum de « rétrocommissions », ces sommes d’argents qui font le voyage en sens inverse, à destination d’un parti ou homme politique. Bref, des pots de vin ! Cela sentait suffisamment fort pour que Jacques Chirac fraîchement élu en 1995 mette son propre clan sur le coup, Villepin, Juppé, Millon et consorts,... et coupe le robinet au clan rival.

Sept ans plus tard, onze salariés des chantiers navals meurent au Pakistan dans un attentat bien vite attribué à Al Qaida. En fait, les services secrets pakistanais seraient impliqués, à titre de mise en demeure de paiement.

Arrive Villepin, dans son nouveau rôle de preux chevalier, qui balance à tout va. À l’époque, Sarkozy, son ennemi juré, était ministre du budget, donc impliqué dans la création de la société Heine, et porte-parole de campagne de Balladur. L’occasion pour Villepin de faire d’une pierre deux coups. Mais le clan des Hauts-de-Seine réplique en laissant entendre que les responsables seraient ceux ayant cessé de payer.

Tout ce petit monde mafieux se tient par la barbichette. Une affaire parmi bien d’autres qui lève un coin du voile sur le fonctionnement de l’appareil d’État. Au service des grands capitalistes, à commencer par les marchands d’armes, Dassault, Lagardère et consorts bien sûr, mais dont le petit personnel politique n’oublie pas de se servir au passage. Avec pour payer les pots cassés, des ouvriers ! Bref, la France, du moins celle d’en haut, terre d’accueil… de la corruption.

De quoi croire en la révolution, pas aux élections !

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Publié dans Editos

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