Centre financier : Un suicide dont La Poste est responsable
Le suicide de notre collègue nous a tous choqués. Mais si le directeur de La Banque Postale a fait distribuer une lettre disant sa « grande tristesse », en ce qui nous concerne, nous ne sommes pas seulement tristes, mais aussi profondément en colère.
Depuis des années, nous subissons restructuration après restructuration, tout cela dans le but de supprimer chaque année plus d'une centaine d'emplois.
Le résultat, ce sont les conditions de travail qui s'aggravent, les réflexions et les pressions que nous subissons continuellement, ce sont les pochettes que l'on distribue le matin avec le travail de la journée et à rendre le soir, ce sont les « entretiens de réaccueil » instaurés même après une journée d'arrêt maladie. Pour la première fois l'an dernier, c'est aussi une collègue contractuelle (secrétaire de la DRH) qui a été licenciée pour une prétendue « insuffisance professionnelle ». Et sous le nom de « pilotage de flux », on voudrait nous contraindre à la mobilité permanente.
Oui, il y a un moment où il faut que ça s'arrête !
On nous a dit que la direction accepterait de faire réaliser une « expertise » sur le stress, alors qu'une précédente enquête, réalisée il y a seulement 3 ans, avait déjà révélé que 28 % du personnel était en hyper-stress et que 6 % souffrait de troubles dépressifs... Est-ce que cela a empêché la direction de continuer ? Nous savons tous que nous n'avons rien à attendre de concret de cette enquête, pas plus d'ailleurs que des négociations que la direction dit aussi accepter avec les syndicats. Les causes du stress nous les connaissons et la direction aussi, et l'expertise nous la faisons nous-mêmes tous les jours.
Ceux qui décident cette politique en haut-lieu, ou qui la font appliquer, n'ignorent pas qu'elle peut déstabiliser et détruire.
Nous devons rester unis et mobilisés comme nous l'avons été ces derniers jours pour dire que nous n'acceptons plus de subir. Si nous voulons nous faire respecter, il faut nous faire craindre !